Cela commençait par toute la rustrerie, voici que cela finit par des anges de flamme et de glace.
Arthur Rimbaud.

Devant les propositions de Josiane Hermesse – dessins au fusain, sculptures en terre cuite, ébauches de peintures – on se prend d’emblée une belle claque. Etrange alchimie de coup de cœur et de trauma esthétique.
Déstabilisé, on cherche des références comme pour se rassurer, on pense à Egon Schiele ou à Lucian Freud, mais qu’on ne s’y trompe pas, cette artiste n’est pas une femme sous influence, c’est comme si ces affinités électives se jouaient à son insu parce que Josiane Hermesse porte en elle ce qu’aucune académie ne peut enseigner, mais peut, pour le moins, déceler et accompagner : avènement des symptômes avant-coureurs d’un talent à l’état brut et d’une œuvre en devenir.
Avènement plutôt qu’événement.
Si une exposition est un passage obligé, elle est en même temps une péripétie évènementielle limitée dans le temps. Une œuvre qui titille notre inconscient s’inscrit davantage dans l’intemporel. C’est précisément là où l’artiste nous emmène, en amont des eaux profondes où s’ébattent nos démons intérieurs et nos anges déchus.
Territoire du latent, déchiré par la fulgurance de son trait jailli dans l’instant.
Josiane Hermesse ne grossit pas le trait, elle l’étire, elle le tord, elle l’épuise. Le voluptueux côtoie le décharné, le sensuel flirte avec l’émacié.
Elle capture son modèle pour mieux l’étreindre, le déstructurer, l’écorcher, le cabosser.
En définitive, il s’agit bien, ici, d’une œuvre originale et d’un imaginaire singulier qui réveille et relève à la fois le sublime et la misère de l’homme.

André ROMUS
Mars 2016

Site Internet 22. mars, 2017

Norma

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